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Parler japonais : la partie qu'on ne pratique presque jamais

On peut finir un cours entier sans avoir dit une seule phrase à voix haute. Ici, non : chaque phrase s'écoute, se répète au micro, et le navigateur te dit si tu y es arrivé ou si tu es passé tout près.

Écouter la phrase, la dire, et que quelque chose te dise si tu l'as bien dite.

La bonne nouvelle pour un francophone

La prononciation japonaise est l'une des plus abordables pour un francophone. Cinq voyelles qui ont presque toutes un équivalent proche en français, sans nasales ni diphtongues, sans voyelles longues et brèves qui changent de timbre, et très peu de sons qui obligent à placer la bouche d'une façon nouvelle.

Ce qui est différent, en revanche, c'est le rythme. Le japonais se mesure en temps égaux : chaque syllabe dure pareil, y compris le ん et la consonne double, qui comptent pour un temps entier même s'ils ne sonnent pas comme une syllabe. D'où « Nihon » en trois temps et non en deux.

Et il y a un accent, mais ce n'est pas un accent d'intensité, c'est un accent de hauteur : le mot monte ou descend. Pas besoin de le maîtriser pour qu'on te comprenne, mais il vaut mieux l'entendre dès le début pour ne pas prendre un accent plat difficile à corriger ensuite.

Rien de tout cela ne s'apprend en lisant. Ça s'apprend en écoutant la phrase et en la disant, et c'est exactement le cycle que met en place ce cours.

Quatre choses sur la façon dont il sonne

Ce qu'il vaut mieux savoir avant d'ouvrir la bouche la première fois.

Cinq voyelles, toujours les mêmes

a, i, u, e, o, qui se disent à peu près a, i, ou, é, o. La seule qui s'écarte est le u, un « ou » dit sans arrondir les lèvres, et jamais le u du français. Elles ne changent pas de son selon le mot et ne se nasalisent jamais.

Tout dure pareil

Chaque syllabe occupe un temps, et les voyelles longues en occupent deux. Allonger trop peu change le mot : il y a des paires qui ne se distinguent que par là.

La consonne double est un silence

Le petit っ ne sonne pas : il coupe et double la consonne suivante. Ce silence occupe son temps, et le sauter est ce qui trahit le plus un débutant.

L'accent est un accent de hauteur

On ne prononce pas une syllabe plus fort : la voix monte ou descend. Il change d'une région à l'autre, donc inutile d'en faire une obsession, mais il vaut mieux imiter ce qu'on entend.

Le cycle de chaque phrase

Quatre étapes, et l'ordre compte : d'abord on écoute, ensuite on dit, et seulement à la fin on écrit.

  1. On écoute

    La phrase sonne avec la voix japonaise de l'appareil, et il y a une seconde vitesse plus lente pour les longues. Dans le quiz d'écoute, on l'entend sans voir le texte et on choisit le sens.

  2. On dit

    On appuie sur le micro et on répète. La reconnaissance vocale du navigateur transcrit ce que tu as dit et le compare à la phrase : ça donne « bien », « presque » ou « réessaie ».

  3. On écrit

    Et à la fin, on la tape, en romaji ou en japonais si tu as le clavier. L'écrire, c'est ce qui prouve que la phrase est là en entier et pas reconnue à moitié.

  4. Et elle revient

    À la fin de l'activité, ses phrases entrent dans la révision espacée et réapparaissent quelques jours plus tard pour ne pas se perdre.

La reconnaissance vocale est fournie par le navigateur, pas par Hanasuka, et ça veut dire que l'audio est envoyé aux serveurs de son fabricant (Google pour Chrome, Apple pour Safari) pour être transcrit. C'est dit ici et dans la politique de confidentialité, parce que ce à quoi personne ne s'attend, c'est justement ce qu'il faut dire. Si tu préfères ne pas l'utiliser, le reste du cours fonctionne pareil.

Parler japonais en profondeur

Compter des temps, pas des syllabes

Le japonais ne se mesure pas en syllabes comme le français, mais en mores : des unités de temps qui durent toutes pareil. Chaque kana normal est une more, et c'est aussi le cas du ん, du petit っ et de la seconde moitié d'une voyelle longue. C'est pourquoi 日本 (にほん) a trois temps et 東京 (とうきょう), quatre, alors qu'en français on compterait deux syllabes pour chacun. Les syllabes composées comme きょ n'en occupent qu'une, parce que le petit ょ ne compte pas à part. Un bon exercice au début est de frapper dans ses mains une fois par more.

Respecter ce rythme n'est pas un détail d'accent : ça change les mots. ビル, c'est « immeuble », et ビール, « bière » ; おばさん, c'est « tante », et おばあさん, « grand-mère » ; きて, c'est « viens », et きって, « timbre ». Pour un francophone, le plus dur est de tenir la voyelle longue et la pause du っ, parce qu'en français la durée ne distingue pas les mots et que l'oreille ne la remarque pas. La solution est de les exagérer en pratiquant, jusqu'à ce que la bonne durée sorte sans y penser, et d'écouter des paires comme celles-ci jusqu'à entendre la différence.

Les voyelles qu'on entend à peine

En japonais standard, le i et le u s'assourdissent quand ils se trouvent entre deux consonnes sourdes, ou en fin de phrase après l'une d'elles : ils occupent toujours leur temps, mais on les entend à peine. です sonne « dess » et ます, « mass » ; すき (aimer) s'entend « ski » et した (en bas), « shta ». Personne ne l'écrit ainsi, mais on le prononce ainsi, et qui dit « dé-sou » avec le u entier sonne comme un manuel. C'est l'une des choses qui rapprochent le plus la prononciation de celle d'un natif.

Il ne faut pas l'exagérer, parce que ce n'est pas une règle fixe : ça varie selon la région, la vitesse et chaque locuteur, et dans un parler lent ou appuyé la voyelle se refait entendre. La façon de l'apprendre n'est pas de mémoriser où s'éteint chaque voyelle, mais d'imiter ce qu'on entend. C'est pourquoi il vaut mieux écouter les phrases avant de les lire en romaji, qui pousse justement à prononcer toutes les lettres, et faire attention au rythme de la vitesse normale plus qu'à celui de la vitesse lente.

L'accent est un accent de hauteur

Le japonais ne marque pas une syllabe par plus de force, comme le font l'espagnol ou l'anglais, mais par la hauteur de la voix : chaque mot a un schéma de montées et de descentes. En japonais de Tokyo, 箸 (はし, baguettes) commence haut et descend, alors que 橋 (はし, pont) commence bas et monte, et la différence se remarque aussi sur la particule qui suit. 雨 (あめ, pluie) descend après la première more. Il y a des paires qui ne se distinguent que comme ça, même si en pratique le contexte lève presque toujours le doute.

Pour qui débute, le conseil est de ne pas en faire une obsession, sans pour autant l'ignorer. Pas besoin d'étudier le schéma de chaque mot pour qu'on te comprenne, mais tout dire sur un ton plat, ou en appuyant sur la dernière syllabe comme on le fait en français, c'est ce qui trahit le plus un accent étranger. Ce qui marche, c'est d'imiter des phrases entières, avec leur mélodie, plutôt que des mots isolés. Et il vaut mieux savoir que la voix de l'application est celle de l'appareil : son intonation est souvent bonne, mais pas toujours parfaite.

Tirer parti du micro

La reconnaissance vocale transforme ce que tu dis en texte, et l'application le compare à la phrase. Pour qu'elle fonctionne bien : un endroit sans bruit, le micro près de toi et la phrase dite en entier, à vitesse normale et sans séparer les syllabes, parce que le système est fait pour la parole naturelle et non pour la dictée syllabe par syllabe. S'il répond « réessaie » plusieurs fois de suite, mieux vaut réécouter la phrase avant de la répéter. Et le navigateur doit avoir l'autorisation d'utiliser le micro, qui se donne normalement une seule fois.

Il vaut mieux savoir ce qu'il mesure et ce qu'il ne mesure pas. Le système cherche les mots les plus probables pour ce qu'il a entendu, et corrige parfois de lui-même une prononciation imparfaite, donc un « bien » veut dire qu'on t'a compris, pas que ton accent est parfait. À l'inverse, un bruit ou un mot peu courant peuvent donner un « presque » injuste. C'est un outil pour perdre la peur de dire la phrase et vérifier qu'on la comprend, pas un examen de prononciation. Et la reconnaissance est faite par le navigateur, pas par Hanasuka.

Ce qu'il y a pour pratiquer à voix haute

Trois exercices par leçon, et l'ordre est celui du cycle ci-dessus.

Parle au micro

314

Des phrases de la leçon, répétées à voix haute et comparées à ce qui a été compris. Le « presque » ne compte ni comme juste ni comme faux : ce n'est ni l'un ni l'autre.

Quiz d'écoute

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La phrase sonne sans qu'on la voie écrite et il faut choisir —ou écrire— ce qu'elle veut dire. C'est ce qui ressemble le plus à comprendre quelqu'un pour de vrai.

Et écriture

On tape la phrase en romaji ou en japonais. Tout ce qui prouve que tu la sais est accepté : la phrase avec kanji, en kana ou en romaji.

Questions sur l'oral en japonais

Est-ce difficile de prononcer le japonais quand on est francophone ?

C'est l'une des langues les plus abordables à prononcer pour un francophone : les cinq voyelles japonaises ont presque toutes un équivalent proche en français et très peu de sons exigent une position nouvelle de la bouche. Ce qu'il faut travailler, c'est le r, qui ne se fait pas dans la gorge, et surtout le rythme, parce que toutes les syllabes durent pareil.

Comment pratiquer l'oral en japonais si je n'ai personne avec qui parler ?

En répétant des phrases à voix haute et en vérifiant ce que tu as dit. Avec la reconnaissance vocale du navigateur, c'est possible : tu dis la phrase, elle est transcrite et comparée à l'originale. Ça ne remplace pas une conversation, mais ça fait tomber la barrière de la dire pour la première fois.

Faut-il un micro ou installer quelque chose ?

Il faut un navigateur avec reconnaissance vocale —Chrome et Safari l'ont— et lui donner l'autorisation d'utiliser le micro. Il n'y a rien à installer. Si tu ne veux pas l'utiliser, le reste du cours fonctionne pareil : l'écoute, l'écriture et les quiz n'ont pas besoin de micro.

Où va ce que je dis au micro ?

Au fabricant de ton navigateur, qui est celui qui fait la transcription : Google pour Chrome, Apple pour Safari. Hanasuka ne conserve pas l'audio et ne l'envoie nulle part ailleurs, et ne reçoit que le texte que renvoie le navigateur. C'est déclaré dans la politique de confidentialité.

Comment se prononce le r japonais ?

Pas comme le r français, qui se fait au fond de la gorge : c'est un battement rapide de la langue juste derrière les dents, comme le r simple de l'espagnol « pero » ou de l'italien « caro ». Il n'est jamais roulé comme dans l'espagnol « perro », même en début de mot, et certains locuteurs le rapprochent d'un l léger. Pour un francophone, c'est l'un des sons qui demandent le plus d'attention, et le plus simple est de partir d'un l ou d'un d très bref, du bout de la langue.

Quels sons du japonais n'existent pas en français ?

Peu : le つ, qui joint t et s comme dans « tsunami » ; le ふ, qui se souffle lèvres presque fermées et non avec les dents ; le r, un battement de langue et non un r de gorge ; le h, qui s'entend vraiment, alors qu'en français il est muet ; et le u, qui se dit sans arrondir les lèvres. Le reste a un équivalent proche, et ce qu'il faut vraiment travailler, c'est la durée des sons, plus que les sons eux-mêmes.

Y a-t-il des accents régionaux en japonais ?

Oui, et très marqués. Celui de Tokyo est la base du japonais standard qu'on enseigne et qu'on entend aux informations, mais celui d'Osaka et de la région du Kansai a une autre intonation, d'autres terminaisons et un accent de hauteur différent. Tous les Japonais comprennent le standard, c'est donc celui qu'il vaut mieux apprendre en premier.

Pourquoi l'application me dit-elle « presque » ?

Parce que ce qu'a compris la reconnaissance vocale ressemble beaucoup à la phrase mais ne correspond pas tout à fait : un mot changé, une terminaison différente ou une syllabe perdue. Ça ne compte ni comme juste ni comme faux. Ça peut arriver si on avale le っ ou si on raccourcit une voyelle longue, donc ça vaut la peine de réécouter la phrase et de la répéter calmement.

Dis ta première phrase à voix haute

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